Station 2 : panorama dans la plaine de la Bièvre

 

Photo 1 : Pour avoir cette vue, prendre la route du carrefour du Rival à St Etienne de St Geoir et s'engager à gauche sur une petite route juste après les silos. Un petit téléobjectif est ici utilisé.

 Les habitations à flanc de colline sur la droite de la photographie correspondent à la ville de la Côte St André. Ville qui vaut un détour géomorphologique et que nous revisiterons donc lors d'un autre circuit de découverte.

Signalons simplement qu'une grande partie repose sur des pentes constituées de colluvions. Il s'agit de glissements en masse de sédiments pour partie arrachés à la molasse et pour partie "enrichis" d'alluvions glaciaires. Cette formation se développe dans des terrains relativement meubles suite à des processus de ruissellement.

Venons en à l'observation qui m'interroge. De la droite vers la gauche (de l'est vers l'ouest) trois échancrures dont deux bien marquées, nous mènent au passage entre Liers et Bièvre. le passage non visible ici est à l'extrème gauche de la photo.

Comment pouvons nous expliquer ces reliefs particuliers?

Mais avant cela, quelques précisions.

*La colline molassique qui se développe d'ouest en est de Penol à Bévenais est recouverte d'un placage de moraines qui présentent selon G Monjuvent, coauteur de la carte géologique "la Côte St André", un faciès de moraine de fond. La matrice argilo sableuse est compacte et très abondante. Elle est de couleur gris bleutée à jaunâtre, les galets calcaires sont dominants, il ya des galets siliceux et très peu de cristallins. Ce dépôt pourrait être issu de la molasse caillouteuse immédiatement sous jacente.

*Claude Beaudevin, "précise" la position du glacier rissien dans un site remarquablement intéressant (http://www.geol-alpes.com/morphologie-glaciaire/index.html) Nous serions ici en limite de glacier, avec une importante épaisseur de glace rhodanienne comblant la vallée du Liers, et ennoyant la colline molassique dont nous parlons, pour rejoindre la partie isèroise du glacier.

*Ce glacier viendrait en butée contre le plateau de Bonnevaux, situé à une altitude sensiblement équivalente à celle de la colline molassique. Et ce fait que l'on peut vérifier sur carte d'état major, amène une remarque. le glacier aurait recouvert la colline molassique au point d'y laisser une moraine de fond et n'aurait quasiment pas débordé sur le plateau de Bonnevaux au point de n'y laisser aucune alluvion morainique. Sur le plateau de Bonnevaux la molasse est surmontée d'une formation résiduelle néogène (antérieure aux glaciations quaternaires). Il n'y a pas d'alluvions glaciaires observables si l'on se réfère à la carte géologique mais il serait intéressant de mener quelques observations pour le confirmer.

*En considérant le versant sud du plateau de Bonnevaux Claude Beaudevin parle même avec une certaine retenue, d'un profil de vallée en auge. Or, il est intéressant de constater aussi que le versant en vis à vis, celui donc de la colline molassique baptisée du Banchet par certains (en référence au bois et au col du même nom) présente un abrupt bien marqué.

*G Monjuvent (document d'accompagnement de la carte géologique la Côte Saint André) précise l'existence de deux domaines glaciaires :

-le domaine du glacier du Rhône au Nord, limité grossièrement par la bordure septentrionale du plateau de Bonnevaux et la colline du Banchet;

-le domaine du glacier de l'Isère au Sud, limité par la colline du Banchet et le bois d'Autimont (Bievre)"(à l'ouest immédiat de la colline du Banchet).

Ces considérations ainsi exprimées nous permettent d'imaginer deux langues glaciaires distinctes. Mais cela n'explique pas alors ce qui a été identifié comme des moraines de fond en placage sur la colline du Banchet, G Monjuvent précise donc : "il est possible qu'une langue de glace se soit avancée dans la vallée du Liersen en aval de Nantoin comme l'indiqueraient quelques blocs erratiques et les moraines plaquées sur la colline du Banchet à l'Est d'Ornacieux..."

 

On peut se permettre quelques hypothèses pour aborder l'explication de la formation de nos échancrures.

 

-Une érosion sous glaciaire induite par des écoulements générés lors de l'affouillement qui constitua la moraine de fond, donc en situation de couverture de la colline du Banchet. ce qui n'est pas sans poser quelques questions sur l'extension du glacier sur la partie de Bonnevaux

-Une érosion liée à un écoulement fluvio-glaciaire dans une phase de retrait du glacier.

 

Dans et au delà de la problèmatique des échancrures il me semble intéressant de développer les observations de terrain sur cette "micro région".

Il faudrait voir s'il est possible de déterminer une orientation des "échancrures"

Il faudrait avoir une idée plus précise sur la nature et l'épaisseur des alluvions morainiques de la colline du Banchet;

Il faudrait étudier le paysage dans les secteurs "évocateurs d'un profil en auge."

Il faudrait dresser un profil hypothétique longitudinal de la langue glaciaire à partir de l'arc de Rochefort jusqu'aux points hauts des dépôts sur la colline du Banchet.

Il faudrait dresser des profils préci entre colline du Banchet et plateau de Bonnevaux suivant des plans perpendiculaires à l'écoulement du flux glaciaire rhodanien afin de préciser les altitudes du chenal d'écoulement en rive droite et rive gauche.

 En préparation et compléments : cartes de situation, coupes géologiques, photographies.

 

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